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L’objectif de ces missions est d’aller à la rencontre des associations de familles de disparus, des ONG luttant contre les disparitions forcées au sein de pays touchés par cette pratique et des organisations internationales œuvrant pour le respect des droits de l’homme. Ces missions permettent également à la FEMED de solliciter des rendez-vous auprès des autorités du pays afin d’établir un dialogue avec ces dernières. 
 


Bosnie

En avril 2009, la FEMED a conduit une mission en Bosnie-Herzégovine. Deux membres du Bureau Exécutif, accompagnés de la Chargée de la mission de la FEMED, ont rencontré différents interlocuteurs. La logistique de la mission a été facilitée grâce au partenariat informel avec la Commission Internationale des Personnes Disparues (ICMP), établi à l’issue de la Conférence thématique de Rabat, à laquelle cette organisation avait été conviée.

Ainsi, plusieurs organisations de la société civile  ont été rencontrées : Comité de coordination régional des associations de familles de disparus de l’ex-Yougoslavie, l’Association de citoyens « Femmes de Srebrenica », l’Association de citoyens « Mères de Srebrenica » (cf. photo à gauche de La délégation de la FEMED en compagnie des membres de l’Association de citoyens "Mères de Srebrenica"), l’Association des familles de personnes disparues de la région de Sarajevo Romaninja, l’Association de citoyens « Femmes de Prodinje », l’Union des Associations Bosniaques des Familles de personnes capturées et disparues de Bosnie-Herzégovine.

Le Projet d’Identification de Prodinje de la Commission Internationale des Personnes Disparues (ICMP) et la Division de la Coordination de l’Identification de l’ICMP ont eux aussi été visités et ont permis à la délégation de voir dans quelle mesure l’expertise médico-légale bosnienne pourrait être partagée dans les autres pays de la Fédération. La délégation a aussi visité le Mémorial Potocari de Srebrenica ainsi que son cimetière. Les membres de la délégation ont ainsi pu constater que les associations bosniennes avaient une expertise certaine sur le thème de la mémoire. Ce constat a particulièrement interpellé la Fédération qui souhaiterait organiser dans l’avenir des échanges d’expériences entre ses associations membres sur ce thème.

Lors de ces entretiens avec les autorités gouvernementales, la FEMED a rencontré la Cheffe du Département de Protection des Droits de l’Homme ainsi que le Président de l’Institut sur les Personnes Disparues. La délégation de la Fédération a ainsi pu relayer les préoccupations des familles bosniennes. Elle a aussi pu apprécier la façon dont les autorités percevaient et traitaient le problème des disparitions forcées, notamment lors de son travail de sensibilisation sur l’urgence d’une ratification de la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées par la Bosnie-Herzégovine.


Chypre

Particulièrement sensibilisée à l’expérience chypriote lors de la Conférence de Rabat, où des associations chypriotes turques et grecques étaient présentes, la FEMED a mené en mai 2009 une mission sur l’île de Chypre.

Des membres du Bureau Exécutif, accompagnés de la Chargée de mission ont réalisé cette mission en vue d’acquérir des connaissances plus approfondies sur ce pays qui a mis en place un mécanisme original de justice transitionnelle. En effet, la mise en place d’un Comité pour les personnes disparues, où siègent les deux parties de l’île ainsi qu’une tierce partie, recommandée par le CICR et nommée par l’ONU, méritait toute l’attention de la Fédération. La FEMED a pu se familiariser avec la structure de ce mécanisme et mesurer son incidence sur les associations de familles de disparus. 
 

A l’occasion de cette mission, la FEMED a également rencontré le « médiateur » du Comité pour les personnes disparues, organe chargé des disparitions forcées sur l’île. La délégation de la FEMED a aussi mené plusieurs entretiens avec les deux associations chypriotes qui travaillent respectivement sur des cas de disparus de la partie sud et nord de l’île.
 

Une conférence sur les disparitions forcées dans la région euro-méditerranéenne a aussi été organisée avec le concours de l’Initiative bicommunautaire pour les disparus, une association nouvellement créée qui regroupe les deux communautés de l’île. La délégation de la FEMED a rencontré dans ce cadre de nombreux interlocuteurs œuvrant pour l’éradication  des disparitions forcées à Chypre : le Centre International sur la Justice Transitionnelle (ICTJ), la Commission Européenne, les Ambassades, etc. Des discussions ont eu lieu avec l’ONG Truth Now, composée d’avocats et de chercheurs s’intéressant aux disparitions forcées et qui saisissent notamment la Cour Européenne des Droits de l’Homme.
 


Algérie

En juin 2009, à l’occasion de son Conseil d’Administration qui s’est tenu à Alger, la FEMED a rencontré sur place différentes associations de familles de victimes : les associations de victimes du terrorisme Djazaïrouna et Somoud ainsi que les proches de disparus qui composent son association membre, Sos Disparus. Les avocats Me Amine Sidhoum et Me Adnane Bouchaib, qui travaillent sur la défense de victimes de disparitions du fait d’agents de l’Etat et de terrorisme, ont aussi été rencontrés par la délégation de la FEMED.

Enfin, un entretien a eu lieu avec le délégué du Comité International de la Croix Rouge afin que la Fédération lui soit présentée et que les membres du Conseil d’Administration soient davantage familiers avec le travail de l’organisation internationale en Algérie. Cette rencontre a aussi été l’occasion de relayer les revendications des familles de disparus algériennes à savoir que le CICR prenne en charge le dossier des disparitions forcées survenues dans les années 1990, ce qui n’est pas le cas actuellement.

 

 

D’ici 2012, la FEMED a prévu de visiter plusieurs autres pays dans le cadre de ses missions de terrain, selon les besoins exprimés par les associations et les zones où la FEMED ne s’est pas encore rendue.


Turquie

La FEMED s’est rendue une première fois en Turquie en octobre 2009 afin de préparer la Troisième rencontre euro-méditerranéenne des familles de disparus. A cette occasion, la Fédération a tenu à Istanbul des rencontres avec les associations locales ce qui a notamment permis d’assurer le suivi de la mission de décembre 2008. 

Du 3 au 7 décembre 2009 , une délégation de la FEMED s’est donc rendue en Turquie, à Istanbul et dans le Sud Est du pays, à Diyarbakir, afin d’y rencontrer les mères de disparus qui, sur place, se battent quotidiennement pour que la Vérité et la Justice soient faites sur le sort de leurs proches.

Le Secrétariat de la FEMED avait organisé différentes rencontres entre les membres du Bureau Exécutif et des associations à Istanbul et Diyarbakir : Mères pour la paix, IHD, Mazlumder, Yakay-der, Human Rights Foundation of Turkey ainsi que plusieurs militants turcs des droits de l’homme.Toutes ces associations ont souligné les nombreuses violations des droits de l’homme qui meurtrissent ce pays mais aussi leur soutien à l’organisation d’une conférence sur la justice transitionnelle.

Les associations turques ont en effet besoin d’un soutien effectif dans leur combat pour que la lumière soit faite sur le sort de disparu(e)s et la FEMED, doit obtenir les informations nécessaires à la sensibilisation.

A la suite de cette mission, l’association Yakay-der a transmis à la FEMED une cinquantaine de dossiers individuels de disparus afin qu’ils soient soumis au Groupe de travail sur les disparitions forcées et ou involontaires.

 


Egypte

Du 17 au 20 avril 2011, une délégation de la FEMED s’est rendue au Caire. Cette mission, prévue depuis longtemps, a permis à la FEMED de se rendre compte des réalités des disparitions forcées en Egypte. En effet, dans les années 1980 avec l’arrivée au pouvoir d’Hosni Moubarak et l’instauration de l’état d’urgence, il y a eu de nombreux cas de disparitions forcées. Cependant, il était alors très difficile d’identifier les associations qui travaillaient sur cette question afin d’obtenir des informations concrètes sur ces cas de disparitions.

La délégation a rencontré différentes associations égyptiennes, des défenseurs, des militants des droits de l’Homme. La délégation a également été reçue par la directrice du département des droits de l’Homme à la Ligue arabe et le premier Secrétaire aux droits de l’Homme au Ministère des affaires étrangères égyptien afin de porter leur attention sur les disparitions forcées  survenues avant, pendant et après la révolution.
La ratification de la Convention Internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées par les autorités égyptiennes est également un sujet qui a été abordé (l’Egypte n’a à ce jour en effet ni signé ni ratifié la Convention).

Durant ces trois jours la délégation a pu se rendre compte de la situation politique actuelle en Egypte et des graves violations des droits de l’Homme qui s’y sont déroulées durant la révolution. Afin de renforcer les liens créés avec les associations rencontrées et de faire en sorte que la question des disparitions forcées soit plus présente au sein des revendications de la société égyptienne, il est primordial pour la FEMED de poursuivre son action en Egypte.