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JOURNEE INTERNATIONALE DES DROITS DES FEMMES - 17 MARS 2023

Journée internationale des droits des femmes – FEMMES ET DISPARITIONS FORCEES : UNE DOUBLE PEINE

A l'occasion de la journée internationale des droits des femmes, la FEMED a organisé une conférence sur les femmes et les disparitions forcées, intitulée "Femmes et disparitions forcées : une double peine"

En effet, dans l’histoire contemporaine du XXème siècle, le phénomène de la disparition forcée s’est transformé, s’est déplacé, mais n’a pas été éradiqué. Très fréquemment utilisée comme stratégie de terreur par des États dans le cadre de conflits armés internes ou comme moyen de neutraliser oppositions et mouvements contestataires, la disparition forcée est considérée comme un crime contre l’humanité lorsqu'elle est généralisée ou systématique. Que cela soit en Espagne sous le règne de Franco, en Algérie durant la décennie noire, dans les Balkans durant les guerres de Yougoslavie ou encore en Irak ou en Syrie, les disparitions forcées ont de très importantes répercussions sur les femmes.

Dans les sociétés patriarcales, du fait de leur genre, classe, origines, âge, etc. les femmes constituent un groupe social vivant de multiples oppressions. À l’intersection de différents rapports de domination, les femmes subissent de multiples formes de violence, a fortiori lorsqu’elles sont victimes de disparitions forcées. En effet, dans son article 24, la Convention internationale pour la protection de toutes les personnes contre les disparitions forcées dispose que l’ « on entend par « victime » la personne disparue et toute personne physique ayant subi un préjudice direct du fait d'une disparition forcée ». Ainsi, bien que le phénomène de la disparition forcée touche, stricto sensu, le plus souvent des hommes, les femmes sont éminemment victimes de celui-ci, à bien des égards. En fonction des contextes, les femmes victimes de disparitions forcées sont fréquemment exposées aux conséquences psychologiques, sociales, économiques et juridiques de celles-ci. De manière quasiment systématique, c’est à elles qu'incombe la responsabilité de prendre en charge les membres restants de la famille, sur les plans financier, éducatif, administratif, etc. Par ailleurs, pour les mères, les épouses, ou les sœurs de personnes disparues, être privé du droit à la Vérité constitue une peine sans limite, s’allongeant avec le temps, et empêchant tout retour à une vie normale. Dans de nombreuses sociétés du pourtour méditerranéen, l’absence de l'homme disparu, lorsqu’elle s’ajoute à la législation nationale et aux normes sociales, intensifie la marginalisation et les multiples formes d’oppression que connaissent déjà les femmes. Naturellement, c’est également celles-ci, qui, en devenant souvent des défenseuses des droits et/ou des opposantes aux régimes responsables de la disparition forcée de leurs proches, se battent pour rétablir la Vérité, obtenir la Justice et lutter contre l’impunité. Ce faisant, elles s'exposent alors à différentes formes de violence, d’intimidation et de persécution. À travers diverses interventions d’universitaires et de militantes, nous tenterons de mettre en exergue ces différents aspects de la disparition forcée, au prisme du genre et du droit.

A travers les différentes interventions, la FEMED souhaitait rendre hommage aux luttes et combats menés par les femmes proches de personnes disparues, pour le respect des droits humains, la non-répétition des crimes, et l'avènement de l'État de droit. Sont intervenus lors de cette conférence, Emmanuel JANEAU, membre du Conseil d’administration d'Amnesty International France, Jérôme Benzimra-Hazan, membre de l'Institut des Hautes Études Internationales (IHEI), Université Paris-Panthéon-Assas, Rowaida Kanaan, journaliste et membre du Secrétariat général du Mouvement politique des femmes syriennes et Alia MARIE, Officier de protection et travailleuse humanitaire, spécialisée en droit international des droits de l'Homme.